Opération « Juristes contre la mucoviscidose »
Pour la deuxième année consécutive, je relaye l’information autour de l’opération « Juristes contre la mucoviscidose ».
Pour en savoir plus, je vous invite à consulter le site suivant « En direct des facultés de Droit » animé par l’hyperactif et célèbre internaute Stéphane Darmaisin.
Bonne semaine à tous !
Transition…
Qu’est-ce que tu veux faire quand tu seras plus grand ?
« Je veux enseigner ! »
Eh bien, nous y voilà. Le moment de passer de l’autre côté du bureau. D’être celle qui parle et non celle qui écoute. D’être celle qui dirige une séance de travaux dirigés et non celle qui se laisse conduire. D’être celle qui transmet un savoir, des connaissances, des repères méthodologiques et non plus celles qui se contente de les appliquer.
Et déjà, avant même de donner mon premier TD, les questions se bousculent. Les interrogations méthodologiques se bousculent. Je me demande si en expliquant de telle ou telle manière, en schématisant les données à assimiler durant cette heure et demie de TD, les étudiants seront réceptifs à ma manière de faire, à ma façon de leur présenter la thématique de la séance.
Je me rends compte des difficultés rencontrées par ceux qui sont de l’autre côté du bureau. Jusqu’à présent, je me contentais de préparer mes séances de TD en relisant mon cours, en étudiant la plaquette de travaux dirigés et en tentant d’approfondir les points clés avec les indications bibliographiques qui m’étaient conseillées. Aujourd’hui, c’est moi qui prépare cette plaquette, qui détermine quel document doit y être inséré, quelle ressource bibliographique est pertinente, quel point mérite d’être approfondi,… Le travail de préparation des séances de TD est très différent de ce que je pouvais me l’imaginer. D’une part, parce qu’il suppose de réfléchir aux attentes des étudiants, de se mettre dans la peau d’un individu lambda et de tenter d’être le plus pédagogique possible. D’autre part, parce qu’il convient à présent de trouver un équilibre entre la fin (récente) de mon statut d’étudiante et le début (tonitruant) d’un statut hybride qui va m’obliger à faire le grand écart, entre une grande liberté dans la préparation et la gestion de mes séances, et la rigueur dont je dois faire preuve dans l’élaboration de mon projet de thèse et les recherches à entamer à cette fin.
Ainsi, passer de l’autre côté du bureau, c’est chercher un équilibre. Ne pas oublier l’étudiante qu’on était et l’enseignant qu’on veut devenir. Je me suis rendue compte que le rituel de préparation des Travaux dirigés m’a conduit à m’interroger sur l’enseignante que je voulais être, sur ce que je voulais transmettre à ces étudiants.
Un grand défi m’attend donc la semaine prochaine : ma première séance de travaux dirigés. Une chute libre, en solo et sans filet de protection.
Allez, je prends un grand bol d’air et je saute dans le vide !
Sept- »ambre »…
Me voici de retour après ces quelques semaines de silence sur la toile.
Plein de choses à vous raconter. Je vais donc procéder avec méthode et chronologie pour vous narrer mes péripéties estudiantines estivales !
Je vous avais quitté, pleine de doutes et d’espoir, en vue de cette nouvelle rentrée universitaire. Quelques semaines plus tard et mon Master en poche, j’entame ma nouvelle vie de doctorante au sein du laboratoire de recherche en Droit européen de ma faculté.
Cet été, j’ai réalisé un stage de deux mois au sein du cabinet d’avocats Huglo-Lepage à Paris. Le jour même de ma soutenance de mémoire, je prenais le train en direction de la Capitale pour me familiariser avec des matières telles que le droit de l’environnement, et le droit de l’urbanisme. Ce stage m’a été très profitable. J’y ai beaucoup appris, en méthode, en esprit de synthèse et surtout, j’ai pu confronter la théorie avec la pratique. J’ai donc eu l’occasion de réaliser des mémoires en requête ainsi que des consultations pour les clients du cabinet. Outre la découverte (passionnante) de ce métier, j’ai pu me rendre compte que la pratique du Droit nous offre toujours une occasion supplémentaire d’en apprendre plus sur les différents domaines et matières juridiques.
Je ne vous cacherai pas que la première semaine de stage fut la plus difficile. Le contraste entre les bancs de la faculté et le fauteuil du cabinet d’avocats peut paraître rude. Surtout pour quelqu’un qui, moins de 24h avant, soutenait son mémoire devant un jury de Professeurs.
Les difficultés provenaient du fait que le savoir acquis sur ces fameux strapontins de l’Université ne suffisent pas à faire un « bon » juriste. Très vite, il faut s’adapter aux différents exercices juridiques, à la manière de faire des professionnels, au « code » du métier. Parfois, on se sent un peu perdu. On a l’impression d’être inutile, de ne pas pouvoir mettre à profit ses connaissances.
Ces impressions ne sont que passagères. Très vite, le fameux instinct du juriste reprend le dessus. Les bons réflexes sont toujours là. On surfe sur Lamyline, on s’informe sur Lexisnexis, on consulte Légifrance. On rédige les documents clients avec le vocabulaire approprié, on pose les bonnes questions aux bonnes personnes. On soulève les problèmes qui se posent dans une affaire et on sait les qualifier avec les bons termes, on explore les pistes avec les instruments juridiques les plus judicieux.
Bref, notre formation de juriste se révèle peu à peu au fil des dossiers. Elle s’épanouit, elle se complète, elle mûrit.
Si la formation du juriste consiste, certes, en de longs cours magistraux, elle est aussi et surtout axée sur l’apprentissage d’une méthodologie, d’une manière de penser, de réfléchir en termes juridiques, qui s’impose finalement d’elle-même.
Ainsi, forte de cette nouvelle expérience professionnelle et pratique du Droit, c’est ainsi que j’ai repris le chemin de la faculté, début septembre. Ce retour fut peut-être l’un des plus difficiles et des plus angoissants. Un grand plongeon dans l’inconnu et un nouveau défi universitaire m’attendait : l’obtention d’un financement pour ma thèse.
C’est dans un état d’esprit combattif et volontariste que je suis entré, ce vendredi 4 septembre 2009, dans une salle comprenant une vingtaine de Professeurs agrégés de Droit, tous directeurs de Masters, pour présenter mon projet de thèse, son intérêt pour la science juridique ainsi que pour exposer mon projet de carrière.
5 petites minutes pour les convaincre que mon sujet est porteur, qu’il permettra d’en apprendre peut-être plus sur la manière dont le juge européen interprète les textes, sur sa façon d’utiliser les valeurs pour mettre en valeur (ou pas) la Convention européenne des Droits de l’Homme.
5 petites minutes pour les persuader de m’octroyer une allocation de recherche pour les 3 ans à venir.
5 petites minutes pour obtenir le Droit de faire ce que j’aime.
5 petites minutes qui décident du sort professionnel d’une personne.
Puis une longue attente dans les couloirs du 2ème étage de la Faculté. Une attente interminable. Le souffle court. La boule à l’estomac. Les gestes saccadés. Les fourmis dans les jambes.
Une porte qui s’ouvre. Du mouvement dans la grande salle. Le directeur de l’école doctorale qui s’approche des 18 candidats. 18 candidats et 13 allocations. 5 candidats sur le carreau…
Puis il égrène les noms. J’y suis. Je l’ai… Je ne réalise pas. On se félicite. On se congratule. On s’embrasse. Tout est sourd autour de moi. Mes gestes se font lents. J’ai des absences. On me parle. Je vois les lèvres de mon interlocuteur bouger mais je ne parviens pas à me concentrer sur ses paroles. Je remercie. Je serre des mains. Je passe des coups de fil. J’envoie des messages. J’agis presque comme un automate. Je passe un agréable week-end.
Lundi matin. Premier coup de fil « professionnel ». On me propose des travaux dirigés. Je vais chercher mon contrat doctoral. Et là je réalise. Je réalise que je suis passé de l’autre côté. Les modalités de mes futurs engagements en tant qu’allocataire-monitrice s’enchaînent. Je choisis mes heures de surveillance de la bibliothèque de mon laboratoire de recherche. J’ai rendez-vous avec l’enseignant-chercheur pour lequel je vais effectuer mes premiers travaux dirigés. Je commence à confectionner mes premières plaquettes de TD. Tout cela devient concret.
Je vais faire ce que j’aime. Ce pour quoi j’ai étudié si dur pendant toutes ces années. Je réalise. Oui, je réalise la chance que j’ai de pouvoir poursuivre mes rêves. Je pense aux malheureux candidats. Ceux qui sont tout aussi méritants que moi. Je me dis que l’obtention d’une telle allocation de recherche se joue à peu de choses. J’aurais pu être à leur place.
Alors pour moi, pour eux, je m’engage à traverser ces 3 prochaines années en étant consciente que la chance qui m’est offerte, je la leur dois aussi.
Ne pas décevoir, persévérer, telle sera ma ligne de conduite…
Bonne rentrée à tous mes lecteurs et lectrices !
Mon fils, ma bataille !
28 juin 2009
Classé sous Ma vie mon oeuvre, névrose étudiante, étudiante
Mots-clefs: Blague de juristes, Manaquieries étudiantes, Mémoire de fin d'études, névrose étudiante
Un mémoire, c’est un peu comme un enfant. Aussi étonnante que peut paraître une telle comparaison, il n’en existe pas moins certaines similitudes, troublantes, qui peuvent nous amener à considérer notre mémoire comme la chair, de notre chair ; le sang de notre sang.
Tout d’abord, il est à remarquer qu’un mémoire met environ 9 mois à mûrir, soit une période qui correspond exactement à la gestation d’un petit être. En effet, d’octobre à juin, l’étudiant planche sur son mémoire. Alors que les premiers mois de réflexion ne sont pas réellement visibles, car l’étudiant ne fournit pas un travail quantifiable, il n’en murît pas moins sa réflexion personnelle en solitaire, découvrant certaines pistes, en abandonnant d’autres,… ces 9 mois sont ainsi l’occasion de mettre les nerfs du juriste à rude épreuve, tout comme ceux de la mère sont sollicités lors de la grossesse. Ainsi, si la future maman doit préparer l’arrivée du bébé, arranger sa chambre, prendre contact avec le pédiatre, l’hôpital,… l’étudiant qui rédige son mémoire n’est pas en reste. Il se doit lui aussi de préparer l’arrivée de son mémoire, en arrangeant sa bibliographie, son index jurisprudentiel, son sommaire, sa page de garde, ses annexes, en établissant des liens avec son directeur de mémoire,…
De même, et sans exagérer aucunement, le juriste peut parfois appréhender son travail universitaire comme un petit être sans défense, potentiellement sujet à la critique de ses aînés, et se voit contraint de le défendre contre toute sorte d’attaque extérieure, de le protéger en multipliant les copies de sauvegarde sur son disque dur, comme une mère multiplierait les cache-prises pour les bébés et les barrières enfant dans les escaliers, au sein du foyer.
Et comment ne pas assimiler le dépôt du mémoire et la soutenance qui l’accompagne comme une « délivrance », d’une intensité quasi-identique à celle ressentie par la mère lors de l’accouchement ? En effet, si la dernière ligne droite dans la rédaction d’un mémoire peut s’avérer comme une épreuve, et provoquer angoisses et souffrances, le juriste-parturiente ressent après une telle épreuve, une joie semblable à celle éprouvée par une femme qui viendrait de donner la vie. Ne peut-on pas considérer, en quelque sorte, que le juriste a « donné la vie » à un concept juridique, ou une nouvelle vision de l’état du Droit dans nos sociétés ?
Même constat pour la soutenance du mémoire qui peut-être vécue comme une véritable épreuve initiatique, un rite de passage, qui ébranle la foi du Juriste, met en doute sa capacité à s’occuper correctement et à défendre son oeuvre. Mais très vite, l‘instinct maternel reprend le dessus, et l’étudiant jette toutes ses forces dans l’entretien : argumentant, expliquant, protégeant le nouveau-né et les idées qu’il a développé. Transcendé, le juriste entend ces quelques mots résonner aux confins de sa mémoire : « C’est mon fils, ma bataille ! (…) Je vais tout casser, si vous touchez aux fruits de mes entrailles ! (…) Les juges et les lois, ça me fait pas peur ! «
Ainsi, mêlant à la fois satisfaction, bonheur et souffrances, la rédaction d’un mémoire est toujours l’avènement d’un changement profond dans l’existence de notre juriste. Dès lors, comme la mère, une fois sortie de l’établissement hospitalier, prend conscience de tous les bouleversements qu’entraînent la naissance d’un petit être, le Juriste se rend compte, une fois le (bébé) mémoire déposé, que sa vie d’étudiant s’achève, et qu’il doit à présent faire face à de nouvelles responsabilités.
Parfois, on peut assister, à de rares occasions, à des grossesses avortées. Pris dans un processus qu’il ne maîtrise plus, le juriste abandonne son enfant. Il ne sent pas capable de l’élever. D’élever son niveau de réflexion au seuil qu’il s’est lui-même fixé. Persuadé d’être un mauvais parent, de ne pas être à la hauteur de la tâche, il décide de renoncer à ses droits parentaux et confie la garde du sujet à un prochain étudiant qui s’en montrera peut-être plus digne…
Ne vous moquez donc pas si, d’aventure, vous entendez un étudiant qualifier son mémoire de « bébé », de « foetus en gestation », ou comparer la période de rédaction à une grossesse difficile… Comme toute femme enceinte, il peut avoir ses caprices, ses sautes d’humeur, et ses angoisses nocturnes, n’en faîtes pas cas… Cela n’est que temporaire. 9mois, c’est long et c’est court à la fois…
Attention en revanche au retour de couche. Un bébé (le mémoire) peut en cacher un autre (une thèse)… !!!!!
Obsessions
31 mai 2009
Classé sous Droit, master, névrose étudiante, vie étudiante, étudiante
Mots-clefs: Manaquieries étudiantes, Mémoire de fin d'études, névrose étudiante
Quand on rédige un mémoire, il peut parfois nous arriver de penser à de drôles de choses… Extraits choisis :
On envisage de prendre une assurance-vie pour son ordinateur, au cas où le traitre nous lacherait pendant la période de rédaction…
On envisage également de prendre une assurance pour le mémoire lui-même. Parce qu’il faut bien l’avouer, notre mégalomanie nous pousse à croire que le « chef d’oeuvre » que l’on est en train de rédiger (ou le crottin, ça dépend des périodes fastes et néfastes de rédaction) nécessite des précautions nécessaires pour le préserver des vols et autres risques hautement improbables…
On se surprend à compter le nombre de pages rédigées chaque jour…
On pense aux arbres qu’il va falloir abattre pour imprimer les 3 exemplaires de mémoire requis…
On s’étonne de penser aux futurs lecteurs de son mémoire (en l’occurrence son jury de soutenance) et de se demander ce qu’ils vont penser de notre argumentation (génialissime ou nullisime, selon les périodes fastes et néfastes de rédaction) sur tel ou tel point.
On se fait peur également en extrapolant sur une soutenance future, envisageant les répliques entre les différentes protagonistes, les points de vue à défendre,… On devient progressivement schizophrène…
On s’agaçe aussi de constater que TOUT, absolument TOUT semble se ramener à son sujet de mémoire.
On s’agaçe encore plus quand nos proches nous font remarquer que « Non, il n’y a pas que « les valeurs morales dans la jurisprudence européenne » dans la vie, il y a la famille et les amis aussi »…
On réalise également que l’on est généralement « déconnectés de la réalité » pendant les quelques semaines que dure la rédaction… Preuve en est, vous ne savez pas à quoi ressemble votre boulangère, vous êtes incapables de résumer la conversation téléphonique que vous avez eu avec votre mère, vous ne vous souvenez plus de ce que vous avez mangé à midi…En revanche, vous pouvez citer quasiment mot pour mot le paragraphe que vous avez rédigé en début de semaine dernière…
On connaît les rayonnages de la bibliothèque universitaire par coeur. Plus besoin de consulter les indications pour se réperer et accéder aux revues. On peut facilement se retrouver entre les côtes « JP 248″ et « J5b »… Trooop fastoche !
On connaît les endroits où les prises informatiques de la BU ne marchent pas et on est même capables d’en dresser une cartographie très précise.
On a constaté que les annonces de fermeture de la BU sont, au mot près, identiques. Et qu’ils trichent d’un quart d’heure sur l’horaire de fermeture normalement prévu…
Les étudiants qui « mémoirisent » sont donc infréquentables durant quelques semaines. Avec un peu de chances, les pathologies susmentionnées disparaissent après un peu de repos. Dans les cas les plus graves (le mien en l’occurrence), la maladie risque de s’aggraver. En effet, le sujet poursuivant en thèse, il y a de forts risques de contamination de son entourage.
Vous voilà prévenus !
Les sept pêchés capitaux
8 mai 2009
Classé sous névrose étudiante, vie étudiante, étudiante
Mots-clefs: pêchés de juristes, vilennies étudiantes
La vie d’un juriste pourrait se résumer à ces 7 pêchés capitaux :
Orgueil :
Le juriste est orgueilleux la plupart du temps. Il cultive habituellement une haute opinion de lui-même et des gens de son espèce. ( Preuve en est la création d’un groupe facebook intitulé : « Moi je suis juriste donc je suis légalement meilleur que vous » ) C’est bien connu, seul un juriste est capable de comprendre un autre juriste. De plus, le juriste n’aime pas être pris en défaut de ne pas savoir quelque chose. Il aime se mettre en avant et s’avoue très fier de son parcours universitaire.
Colère :
Lorsque le juriste n’obtient pas ce qu’il se veut, il peut tempêter, rager (voire enrager), pester, râler, s’emporter,…
Un bug sur légifrance, Hudoc, ou lexisnexis et le juriste peut entrer dans une colère noire, dévastatrice (pour l’ordinateur et pour les personnes qui l’entourent).
Un juriste ne supporte pas qu’une chose lui résiste car il est irrésistible.
Paresse :
Le juriste l’avoue rarement (et n’en est jamais réellement très fier) mais il peut être victime de « paressite aigüe« . Une dissertation à rendre, un rapport de recherche à rédiger, des révisions à entamer, le juriste peut s’embourber dans une longue inertie. Fainéant, flemmard, le juriste peut avoir se révéler sous son plus mauvais jour, et jouer les cancres pour quelques heures, en séchant les cours, ou quelques jours, en entamant des révisions pourtant nécessaires et pressantes, en retard.
Gourmandise :
Le juriste est gourmand. Le juriste est…glouton. Preuve en est, l’affluence record à la cafétéria Crous entre deux pauses. Car c’est bien connu, l’effort ça creuse. Et par effort, j’entends l’effort intellectuel bien sûr. Le top 3 des étudiants sudistes ? Les traditionnels croissants et pains au chocolat suivis de prés par les barres chocolatées.
Curieux spectacle que les périodes de partiels où les étudiantes, mettant momentanément de côté leur « régime », engloutissent des paquets entiers de céréales (dont je tairais la marque qui finit par un K.) et consomment des litres de sodas…
Avarice :
Étudiant rime avec fauché, c’est bien connu. Ne vous étonnez alors pas d’entendre, aux abords des facultés de la France entière, des exclamations émanant des étudiants sur le coût de tel ou tel produit, le prix des photocopies ou d’un manuel de droit.
Mais l’avarice des étudiants est d’une espèce bien particulière car si le juriste rechigne souvent à mettre la main au porte-monnaie pour faire l’acquisition du Code civil nouvelle édition, son attitude se révèle toute autre lorsqu’il s’agit de se payer une place de cinéma ou de boire une bière entre amis.
Dès lors, on ne peut que constater que si le juriste est avare, son avarice reste ciblée et contenue aux seuls frais inhérents à la poursuite de ses études…
Luxure :
L’équation est simple : Juristes studieux, juristes libidineux.
Parce qu’il n’a pas le temps matériel de draguer en dehors de la faculté, le juriste utilise souvent l’aire géographique de son université comme terrain de chasse. Dès lors, tout est bon pour attirer la femelle juriste dans ses bras : allusions coquines, partage de documents, villégiature en duo à la bibliothèque universitaire, cadeaux en nature (cafés, salades Crous ),…
Quant aux fêtes entre juristes, inutile de dire que la réputation attachée aux soirées « médecine » peut très facilement leur être attribuée…
Envie :
Le juriste se révèle, à bien des égards, particulièrement envieux… Son voisin de table possède le dernier ordinateur portable, celui avec une belle pomme sur le boitier ? Il veut le même ! Cela en devient rapidement une obsession…
Son meilleur pote juriste a attaqué la rédaction de son mémoire et pas lui ? Il doit remédier à ça immédiatement et passe une nuit blanche à démarrer la dite rédaction…
En définitive, ne vous fiez pas aux juristes ! Sous leurs airs purs et innocents, ils peuvent parfois se révéler vils et méchants.
De même que l’habit ne fait pas le moine, la robe d’avocat ne fait pas le « bon » juriste…
Concurrence déloyale
5 avril 2009
Classé sous Droit, master, névrose étudiante, université, vie étudiante
Mots-clefs: concurrence étudiante, concurrence déloyale, névrose étudiante, vie étudiante
Il est des sujets tabous dans une faculté de droit. La concurrence entre étudiants en fait partie. Mais pas seulement. La concurrence entre universitaires peut également exister et se manifester sous différentes formes. Une petite pique lors d’un colloque adressée négligemment à l’encontre de l’un des intervenants. La circonstance que deux universitaires ne sont JAMAIS présents, en même temps, à une manifestation scientifique,… Les exemples ne manquent pas.
Mais la concurrence entre étudiants, ça, c’est quelque chose… On n’en parle pas et pourtant, elle est bien palpable. Les regards envieux, les médisances, les messes basses font partie du quotidien des étudiants d’une faculté de droit. Et un seul constat est à dresser : tous les niveaux sont concernés, de la Licence au Doctorat.
En Licence, pour le titre très convoité de major de promotion, en Master pour l’obtention d’une des très chères places offertes dans les formations les plus demandées, et en Doctorat pour la très convoitée allocation de recherche.
Il y a quelques jours, je discutais avec une de mes amies qui me racontait, en détail, la discrimination dont elle faisait l’objet au sein de son Master 2. Parce qu’ayant eu les meilleurs résultats aux examens de janvier, elle s’est vue fermer la porte du club très fermé des gens « cool » de sa formation. La circonstance qu’elle possède une tête, deux jambes, deux bras et de meilleurs résultats qu’eux, ça en était trop pour ses charmants camarades.
La concurrence s’est alors manifestée sous différentes formes : blocage d’informations, refus de communiquer les dates des cours de rattrapage, court-circuitage de copies, changement de mot de passe de la boîte mail commune du master 2, exclusion systématique des soirées et repas organisés… Autant de manœuvres destinées à déstabiliser la concurrente et la mettre à l’écart de la vie étudiante de la formation.
On n’en parle pas mais la concurrence existe. Elle est latente, insidieuse. On ne la voit pas forcément venir mais il est déjà trop tard lorsqu’on s’en aperçoit. Et elle fait souvent des ravages, brise des réputations, porte sur les nerfs. Un étudiant victime de ce type de manœuvres ne peut généralement rien faire contre ce type de lynchage. Mis à l’écart, acculé, et montré du doigt, il ne peut que s’enfermer dans un mutisme sécurisant, raser les murs de la faculté et attendre que les choses se calment.
Dans le meilleur des cas, la mesure d’exclusion temporaire prend fin avec les beaux jours. D’une part parce que la production de mélanine dûe à une exposition prolongée au soleil réconforte et égaye nos étudiants en mal de résultats glorieux, et d’autre part car ils prennent conscience qu’ils n’ont plus qu’à supporter, durant encore quelques semaines, l’insoutenable spectacle de l’éclatante réussite de leur camarade. Ils se dérident alors et font preuve de clémence envers le malheureux impétrant.
Dans le pire des cas, la concurrence s’installe et finit par exclure définitivement notre brillant étudiant du reste de la formation. Ici, la pression pour ses camarades s’avère trop forte, d’une part par la perspective d’affronter une nouvelle fois le candidat dans le cadre des concours de la fonction publique, et d’autre part, en raison du classement dressé à l’issue de certains Masters, conditionnant une entrée plus rapide et ciblée dans la vie active. Ils choisissent alors la solution de facilité, celle de diaboliser le candidat et de l’affubler de tous les maux de la Terre : prétentieux, arrogant et vindicatif. Après avoir réglé son compte, ils ne s’en portent alors que mieux, ils peuvent donc le détester en toute tranquillité tout en gardant bonne conscience.
Oui, la concurrence existe en faculté de Droit et non, ce n’est pas beau à voir…
Je souhaite donc à mon amie qu’elle sorte indemne de toutes ces pratiques concurrentielles, sans intervention du Conseil de la concurrence, ni persistance de l’abus de position dominante de ses camarades de promotion…
A vendre…
29 mars 2009
Classé sous névrose étudiante, vie étudiante, étudiante
Mots-clefs: archives juridiques, névrose étudiante
L’un des problèmes majeurs du juriste, c’est qu’il ne sait pas résister à la tentation…
Dès qu’il s’approche, de près ou de loin, d’un bouquin de droit, c’est plus fort que lui : il est irrémédiablement, diaboliquement attiré par cet objet de tant de convoitises.
Il n’en parle jamais mais le juriste a un gros, gros, gros problème. Avoisinant la kleptomanie, s’apparentant au fétichisme, le juriste a tendance à « collectionner » les ouvrages, codes et autres outils indispensables à l’exercice de son art. Il conserve précieusement ses cours dans de jolis classeurs à leviers aux couleurs acidulés, rangés par années d’études, dans lesquels il aime se plonger avec délectation à l’occasion de la rédaction d’un rapport d’études ou de son mémoire.
Le juriste est peu à peu envahi par les instruments de son art, enseveli sous les photocopies d’articles et les fiches de cours, étouffé par l’imposante masse de documents accumulée au fil de ses années universitaires.
Une seule solution s’impose alors : faire le tri. Mais comment se séparer d’un seul de ses documents ? Comment oser ? En est-il seulement capable ?
Une autre solution se profile alors : acheter d’autres classeurs à leviers pour ranger plus et travailler plus. Après les orange, vert, rose, gris et noir, place aux classeurs de couleur rouge.
Le rouge symbolisant la passion. Une passion qui consume petit à petit notre juriste, grignotant un peu plus chaque jour son espace vital…
Quant aux ouvrages de droit privé dont il avoue se servir rarement ces derniers temps, le juriste leur trouvera de la place dans la bibliothèque parentale car il est hors de question de s’en séparer. De même pour les codes civil de 2004 et pénal de 2005, certes compassés, mais lui évoquant la nostalgie de ses jeunes années en faculté de droit… Les codes aussi arborent une jolie couleur rouge, comme pour mieux raviver la passion qui anime notre juriste.
Et déjà, une interrogation se profile : comment va t’il archiver les trois futures années de thèse…?
A la croisée des chemins…
15 mars 2009
Classé sous Ma vie mon oeuvre, master, étudiante
Mots-clefs: Nostalgie étudiante
Une page se tourne…
5 ans. C’est une aventure de 5 ans qui s’est achevé le 5 mars 2009. J’ai rédigé mon dernier devoir sur table jeudi dernier. Emotions.
Le dernier devoir sur table après 5 ans d’études juridiques. Je n’avais pas réalisé que le temps était passé si vite.
J’entame à présent la dernière ligne droite du Master 2 : le mémoire.
C’est un gros morceau, certes. Mais l’exercice est différent. Plus de cours auxquels assister. Plus de rythme imposé. Plus de séminaires à préparer. Plus d’examens à réviser.
Juste moi et mon mémoire. En tête-à-tête. « Seule » à « seul ».
L’angoisse de la page blanche ? Non. Juste l’envie de faire quelque chose de bien. Juste la sensation que je suis faite pour ça. L’impression que j’ai trouvé ma vocation.
Nostalgique ? Oui et non. Me voilà « lachée » dans la nature. Plus de repères sécurisants issus du système universitaire traditionnel mais une nouvelle expérience qui m’attend. Apprendre différemment. Mais apprendre. Encore et toujours. Selon ses envies. Selon ses domaines de prédilection.
Je réalise peu à peu que des portes se referment. Je ne pourrais plus me présenter aux concours de plaidoiries désormais. Je suis trop « vieille » pour cela. Je ne m’assiérai plus sur les bancs inconfortables des amphithéâtres de facultés pour assister aux cours magistraux.
Mais j’espère passer de l’autre côté du bureau l’année prochaine. Assurer une charge de Travaux Dirigés. Transmettre un savoir. Partager ma passion des Droits de l’Homme. Mettre mon expérience à profit.
J’espère être à la hauteur. J’espère donner le meilleur de moi-même. J’espère ne pas décevoir.
Faire du mieux que je peux. Ne pas avoir de regrets. Telles sont les lignes directrices que j’entends suivre dans la rédaction de mon mémoire et la poursuite de ma carrière « universitaire ».
Juin 2009. C’est l’ultime échéance. Après cela, je ne serais plus vraiment étudiante. Alors essayons d’en profiter au maximum !
Surprise !
1 mars 2009
Classé sous Droit, névrose étudiante, vie étudiante, étudiante
Mots-clefs: Blague de juristes
Je dis toujours :
Un arrêt de la Cour européenne des Droits de l’Homme, c’est un peu comme un Kinder surprise…
Il est bien emballé, bien empaqueté mais…
On ne sait jamais à quoi s’attendre…