Mon fils, ma bataille !
28 juin 2009
Classé sous Ma vie mon oeuvre, névrose étudiante, étudiante
Mots-clefs: Blague de juristes, Manaquieries étudiantes, Mémoire de fin d'études, névrose étudiante
Un mémoire, c’est un peu comme un enfant. Aussi étonnante que peut paraître une telle comparaison, il n’en existe pas moins certaines similitudes, troublantes, qui peuvent nous amener à considérer notre mémoire comme la chair, de notre chair ; le sang de notre sang.
Tout d’abord, il est à remarquer qu’un mémoire met environ 9 mois à mûrir, soit une période qui correspond exactement à la gestation d’un petit être. En effet, d’octobre à juin, l’étudiant planche sur son mémoire. Alors que les premiers mois de réflexion ne sont pas réellement visibles, car l’étudiant ne fournit pas un travail quantifiable, il n’en murît pas moins sa réflexion personnelle en solitaire, découvrant certaines pistes, en abandonnant d’autres,… ces 9 mois sont ainsi l’occasion de mettre les nerfs du juriste à rude épreuve, tout comme ceux de la mère sont sollicités lors de la grossesse. Ainsi, si la future maman doit préparer l’arrivée du bébé, arranger sa chambre, prendre contact avec le pédiatre, l’hôpital,… l’étudiant qui rédige son mémoire n’est pas en reste. Il se doit lui aussi de préparer l’arrivée de son mémoire, en arrangeant sa bibliographie, son index jurisprudentiel, son sommaire, sa page de garde, ses annexes, en établissant des liens avec son directeur de mémoire,…
De même, et sans exagérer aucunement, le juriste peut parfois appréhender son travail universitaire comme un petit être sans défense, potentiellement sujet à la critique de ses aînés, et se voit contraint de le défendre contre toute sorte d’attaque extérieure, de le protéger en multipliant les copies de sauvegarde sur son disque dur, comme une mère multiplierait les cache-prises pour les bébés et les barrières enfant dans les escaliers, au sein du foyer.
Et comment ne pas assimiler le dépôt du mémoire et la soutenance qui l’accompagne comme une “délivrance”, d’une intensité quasi-identique à celle ressentie par la mère lors de l’accouchement ? En effet, si la dernière ligne droite dans la rédaction d’un mémoire peut s’avérer comme une épreuve, et provoquer angoisses et souffrances, le juriste-parturiente ressent après une telle épreuve, une joie semblable à celle éprouvée par une femme qui viendrait de donner la vie. Ne peut-on pas considérer, en quelque sorte, que le juriste a “donné la vie” à un concept juridique, ou une nouvelle vision de l’état du Droit dans nos sociétés ?
Même constat pour la soutenance du mémoire qui peut-être vécue comme une véritable épreuve initiatique, un rite de passage, qui ébranle la foi du Juriste, met en doute sa capacité à s’occuper correctement et à défendre son oeuvre. Mais très vite, l‘instinct maternel reprend le dessus, et l’étudiant jette toutes ses forces dans l’entretien : argumentant, expliquant, protégeant le nouveau-né et les idées qu’il a développé. Transcendé, le juriste entend ces quelques mots résonner aux confins de sa mémoire : “C’est mon fils, ma bataille ! (…) Je vais tout casser, si vous touchez aux fruits de mes entrailles ! (…) Les juges et les lois, ça me fait pas peur ! “
Ainsi, mêlant à la fois satisfaction, bonheur et souffrances, la rédaction d’un mémoire est toujours l’avènement d’un changement profond dans l’existence de notre juriste. Dès lors, comme la mère, une fois sortie de l’établissement hospitalier, prend conscience de tous les bouleversements qu’entraînent la naissance d’un petit être, le Juriste se rend compte, une fois le (bébé) mémoire déposé, que sa vie d’étudiant s’achève, et qu’il doit à présent faire face à de nouvelles responsabilités.
Parfois, on peut assister, à de rares occasions, à des grossesses avortées. Pris dans un processus qu’il ne maîtrise plus, le juriste abandonne son enfant. Il ne sent pas capable de l’élever. D’élever son niveau de réflexion au seuil qu’il s’est lui-même fixé. Persuadé d’être un mauvais parent, de ne pas être à la hauteur de la tâche, il décide de renoncer à ses droits parentaux et confie la garde du sujet à un prochain étudiant qui s’en montrera peut-être plus digne…
Ne vous moquez donc pas si, d’aventure, vous entendez un étudiant qualifier son mémoire de “bébé”, de “foetus en gestation”, ou comparer la période de rédaction à une grossesse difficile… Comme toute femme enceinte, il peut avoir ses caprices, ses sautes d’humeur, et ses angoisses nocturnes, n’en faîtes pas cas… Cela n’est que temporaire. 9mois, c’est long et c’est court à la fois…
Attention en revanche au retour de couche. Un bébé (le mémoire) peut en cacher un autre (une thèse)… !!!!!
Obsessions
31 mai 2009
Classé sous Droit, master, névrose étudiante, vie étudiante, étudiante
Mots-clefs: Manaquieries étudiantes, Mémoire de fin d'études, névrose étudiante
Quand on rédige un mémoire, il peut parfois nous arriver de penser à de drôles de choses… Extraits choisis :
On envisage de prendre une assurance-vie pour son ordinateur, au cas où le traitre nous lacherait pendant la période de rédaction…
On envisage également de prendre une assurance pour le mémoire lui-même. Parce qu’il faut bien l’avouer, notre mégalomanie nous pousse à croire que le “chef d’oeuvre” que l’on est en train de rédiger (ou le crottin, ça dépend des périodes fastes et néfastes de rédaction) nécessite des précautions nécessaires pour le préserver des vols et autres risques hautement improbables…
On se surprend à compter le nombre de pages rédigées chaque jour…
On pense aux arbres qu’il va falloir abattre pour imprimer les 3 exemplaires de mémoire requis…
On s’étonne de penser aux futurs lecteurs de son mémoire (en l’occurrence son jury de soutenance) et de se demander ce qu’ils vont penser de notre argumentation (génialissime ou nullisime, selon les périodes fastes et néfastes de rédaction) sur tel ou tel point.
On se fait peur également en extrapolant sur une soutenance future, envisageant les répliques entre les différentes protagonistes, les points de vue à défendre,… On devient progressivement schizophrène…
On s’agaçe aussi de constater que TOUT, absolument TOUT semble se ramener à son sujet de mémoire.
On s’agaçe encore plus quand nos proches nous font remarquer que “Non, il n’y a pas que “les valeurs morales dans la jurisprudence européenne” dans la vie, il y a la famille et les amis aussi”…
On réalise également que l’on est généralement “déconnectés de la réalité” pendant les quelques semaines que dure la rédaction… Preuve en est, vous ne savez pas à quoi ressemble votre boulangère, vous êtes incapables de résumer la conversation téléphonique que vous avez eu avec votre mère, vous ne vous souvenez plus de ce que vous avez mangé à midi…En revanche, vous pouvez citer quasiment mot pour mot le paragraphe que vous avez rédigé en début de semaine dernière…
On connaît les rayonnages de la bibliothèque universitaire par coeur. Plus besoin de consulter les indications pour se réperer et accéder aux revues. On peut facilement se retrouver entre les côtes “JP 248″ et “J5b”… Trooop fastoche !
On connaît les endroits où les prises informatiques de la BU ne marchent pas et on est même capables d’en dresser une cartographie très précise.
On a constaté que les annonces de fermeture de la BU sont, au mot près, identiques. Et qu’ils trichent d’un quart d’heure sur l’horaire de fermeture normalement prévu…
Les étudiants qui “mémoirisent” sont donc infréquentables durant quelques semaines. Avec un peu de chances, les pathologies susmentionnées disparaissent après un peu de repos. Dans les cas les plus graves (le mien en l’occurrence), la maladie risque de s’aggraver. En effet, le sujet poursuivant en thèse, il y a de forts risques de contamination de son entourage.
Vous voilà prévenus !
Les sept pêchés capitaux
8 mai 2009
Classé sous névrose étudiante, vie étudiante, étudiante
Mots-clefs: pêchés de juristes, vilennies étudiantes
La vie d’un juriste pourrait se résumer à ces 7 pêchés capitaux :
Orgueil :
Le juriste est orgueilleux la plupart du temps. Il cultive habituellement une haute opinion de lui-même et des gens de son espèce. ( Preuve en est la création d’un groupe facebook intitulé : “Moi je suis juriste donc je suis légalement meilleur que vous” ) C’est bien connu, seul un juriste est capable de comprendre un autre juriste. De plus, le juriste n’aime pas être pris en défaut de ne pas savoir quelque chose. Il aime se mettre en avant et s’avoue très fier de son parcours universitaire.
Colère :
Lorsque le juriste n’obtient pas ce qu’il se veut, il peut tempêter, rager (voire enrager), pester, râler, s’emporter,…
Un bug sur légifrance, Hudoc, ou lexisnexis et le juriste peut entrer dans une colère noire, dévastatrice (pour l’ordinateur et pour les personnes qui l’entourent).
Un juriste ne supporte pas qu’une chose lui résiste car il est irrésistible.
Paresse :
Le juriste l’avoue rarement (et n’en est jamais réellement très fier) mais il peut être victime de “paressite aigüe“. Une dissertation à rendre, un rapport de recherche à rédiger, des révisions à entamer, le juriste peut s’embourber dans une longue inertie. Fainéant, flemmard, le juriste peut avoir se révéler sous son plus mauvais jour, et jouer les cancres pour quelques heures, en séchant les cours, ou quelques jours, en entamant des révisions pourtant nécessaires et pressantes, en retard.
Gourmandise :
Le juriste est gourmand. Le juriste est…glouton. Preuve en est, l’affluence record à la cafétéria Crous entre deux pauses. Car c’est bien connu, l’effort ça creuse. Et par effort, j’entends l’effort intellectuel bien sûr. Le top 3 des étudiants sudistes ? Les traditionnels croissants et pains au chocolat suivis de prés par les barres chocolatées.
Curieux spectacle que les périodes de partiels où les étudiantes, mettant momentanément de côté leur “régime”, engloutissent des paquets entiers de céréales (dont je tairais la marque qui finit par un K.) et consomment des litres de sodas…
Avarice :
Étudiant rime avec fauché, c’est bien connu. Ne vous étonnez alors pas d’entendre, aux abords des facultés de la France entière, des exclamations émanant des étudiants sur le coût de tel ou tel produit, le prix des photocopies ou d’un manuel de droit.
Mais l’avarice des étudiants est d’une espèce bien particulière car si le juriste rechigne souvent à mettre la main au porte-monnaie pour faire l’acquisition du Code civil nouvelle édition, son attitude se révèle toute autre lorsqu’il s’agit de se payer une place de cinéma ou de boire une bière entre amis.
Dès lors, on ne peut que constater que si le juriste est avare, son avarice reste ciblée et contenue aux seuls frais inhérents à la poursuite de ses études…
Luxure :
L’équation est simple : Juristes studieux, juristes libidineux.
Parce qu’il n’a pas le temps matériel de draguer en dehors de la faculté, le juriste utilise souvent l’aire géographique de son université comme terrain de chasse. Dès lors, tout est bon pour attirer la femelle juriste dans ses bras : allusions coquines, partage de documents, villégiature en duo à la bibliothèque universitaire, cadeaux en nature (cafés, salades Crous ),…
Quant aux fêtes entre juristes, inutile de dire que la réputation attachée aux soirées “médecine” peut très facilement leur être attribuée…
Envie :
Le juriste se révèle, à bien des égards, particulièrement envieux… Son voisin de table possède le dernier ordinateur portable, celui avec une belle pomme sur le boitier ? Il veut le même ! Cela en devient rapidement une obsession…
Son meilleur pote juriste a attaqué la rédaction de son mémoire et pas lui ? Il doit remédier à ça immédiatement et passe une nuit blanche à démarrer la dite rédaction…
En définitive, ne vous fiez pas aux juristes ! Sous leurs airs purs et innocents, ils peuvent parfois se révéler vils et méchants.
De même que l’habit ne fait pas le moine, la robe d’avocat ne fait pas le “bon” juriste…
Concurrence déloyale
5 avril 2009
Classé sous Droit, master, névrose étudiante, université, vie étudiante
Mots-clefs: concurrence étudiante, concurrence déloyale, névrose étudiante, vie étudiante
Il est des sujets tabous dans une faculté de droit. La concurrence entre étudiants en fait partie. Mais pas seulement. La concurrence entre universitaires peut également exister et se manifester sous différentes formes. Une petite pique lors d’un colloque adressée négligemment à l’encontre de l’un des intervenants. La circonstance que deux universitaires ne sont JAMAIS présents, en même temps, à une manifestation scientifique,… Les exemples ne manquent pas.
Mais la concurrence entre étudiants, ça, c’est quelque chose… On n’en parle pas et pourtant, elle est bien palpable. Les regards envieux, les médisances, les messes basses font partie du quotidien des étudiants d’une faculté de droit. Et un seul constat est à dresser : tous les niveaux sont concernés, de la Licence au Doctorat.
En Licence, pour le titre très convoité de major de promotion, en Master pour l’obtention d’une des très chères places offertes dans les formations les plus demandées, et en Doctorat pour la très convoitée allocation de recherche.
Il y a quelques jours, je discutais avec une de mes amies qui me racontait, en détail, la discrimination dont elle faisait l’objet au sein de son Master 2. Parce qu’ayant eu les meilleurs résultats aux examens de janvier, elle s’est vue fermer la porte du club très fermé des gens “cool” de sa formation. La circonstance qu’elle possède une tête, deux jambes, deux bras et de meilleurs résultats qu’eux, ça en était trop pour ses charmants camarades.
La concurrence s’est alors manifestée sous différentes formes : blocage d’informations, refus de communiquer les dates des cours de rattrapage, court-circuitage de copies, changement de mot de passe de la boîte mail commune du master 2, exclusion systématique des soirées et repas organisés… Autant de manœuvres destinées à déstabiliser la concurrente et la mettre à l’écart de la vie étudiante de la formation.
On n’en parle pas mais la concurrence existe. Elle est latente, insidieuse. On ne la voit pas forcément venir mais il est déjà trop tard lorsqu’on s’en aperçoit. Et elle fait souvent des ravages, brise des réputations, porte sur les nerfs. Un étudiant victime de ce type de manœuvres ne peut généralement rien faire contre ce type de lynchage. Mis à l’écart, acculé, et montré du doigt, il ne peut que s’enfermer dans un mutisme sécurisant, raser les murs de la faculté et attendre que les choses se calment.
Dans le meilleur des cas, la mesure d’exclusion temporaire prend fin avec les beaux jours. D’une part parce que la production de mélanine dûe à une exposition prolongée au soleil réconforte et égaye nos étudiants en mal de résultats glorieux, et d’autre part car ils prennent conscience qu’ils n’ont plus qu’à supporter, durant encore quelques semaines, l’insoutenable spectacle de l’éclatante réussite de leur camarade. Ils se dérident alors et font preuve de clémence envers le malheureux impétrant.
Dans le pire des cas, la concurrence s’installe et finit par exclure définitivement notre brillant étudiant du reste de la formation. Ici, la pression pour ses camarades s’avère trop forte, d’une part par la perspective d’affronter une nouvelle fois le candidat dans le cadre des concours de la fonction publique, et d’autre part, en raison du classement dressé à l’issue de certains Masters, conditionnant une entrée plus rapide et ciblée dans la vie active. Ils choisissent alors la solution de facilité, celle de diaboliser le candidat et de l’affubler de tous les maux de la Terre : prétentieux, arrogant et vindicatif. Après avoir réglé son compte, ils ne s’en portent alors que mieux, ils peuvent donc le détester en toute tranquillité tout en gardant bonne conscience.
Oui, la concurrence existe en faculté de Droit et non, ce n’est pas beau à voir…
Je souhaite donc à mon amie qu’elle sorte indemne de toutes ces pratiques concurrentielles, sans intervention du Conseil de la concurrence, ni persistance de l’abus de position dominante de ses camarades de promotion…
A vendre…
29 mars 2009
Classé sous névrose étudiante, vie étudiante, étudiante
Mots-clefs: archives juridiques, névrose étudiante
L’un des problèmes majeurs du juriste, c’est qu’il ne sait pas résister à la tentation…
Dès qu’il s’approche, de près ou de loin, d’un bouquin de droit, c’est plus fort que lui : il est irrémédiablement, diaboliquement attiré par cet objet de tant de convoitises.
Il n’en parle jamais mais le juriste a un gros, gros, gros problème. Avoisinant la kleptomanie, s’apparentant au fétichisme, le juriste a tendance à “collectionner” les ouvrages, codes et autres outils indispensables à l’exercice de son art. Il conserve précieusement ses cours dans de jolis classeurs à leviers aux couleurs acidulés, rangés par années d’études, dans lesquels il aime se plonger avec délectation à l’occasion de la rédaction d’un rapport d’études ou de son mémoire.
Le juriste est peu à peu envahi par les instruments de son art, enseveli sous les photocopies d’articles et les fiches de cours, étouffé par l’imposante masse de documents accumulée au fil de ses années universitaires.
Une seule solution s’impose alors : faire le tri. Mais comment se séparer d’un seul de ses documents ? Comment oser ? En est-il seulement capable ?
Une autre solution se profile alors : acheter d’autres classeurs à leviers pour ranger plus et travailler plus. Après les orange, vert, rose, gris et noir, place aux classeurs de couleur rouge.
Le rouge symbolisant la passion. Une passion qui consume petit à petit notre juriste, grignotant un peu plus chaque jour son espace vital…
Quant aux ouvrages de droit privé dont il avoue se servir rarement ces derniers temps, le juriste leur trouvera de la place dans la bibliothèque parentale car il est hors de question de s’en séparer. De même pour les codes civil de 2004 et pénal de 2005, certes compassés, mais lui évoquant la nostalgie de ses jeunes années en faculté de droit… Les codes aussi arborent une jolie couleur rouge, comme pour mieux raviver la passion qui anime notre juriste.
Et déjà, une interrogation se profile : comment va t’il archiver les trois futures années de thèse…?
A la croisée des chemins…
15 mars 2009
Classé sous Ma vie mon oeuvre, master, étudiante
Mots-clefs: Nostalgie étudiante
Une page se tourne…
5 ans. C’est une aventure de 5 ans qui s’est achevé le 5 mars 2009. J’ai rédigé mon dernier devoir sur table jeudi dernier. Emotions.
Le dernier devoir sur table après 5 ans d’études juridiques. Je n’avais pas réalisé que le temps était passé si vite.
J’entame à présent la dernière ligne droite du Master 2 : le mémoire.
C’est un gros morceau, certes. Mais l’exercice est différent. Plus de cours auxquels assister. Plus de rythme imposé. Plus de séminaires à préparer. Plus d’examens à réviser.
Juste moi et mon mémoire. En tête-à-tête. “Seule” à “seul”.
L’angoisse de la page blanche ? Non. Juste l’envie de faire quelque chose de bien. Juste la sensation que je suis faite pour ça. L’impression que j’ai trouvé ma vocation.
Nostalgique ? Oui et non. Me voilà “lachée” dans la nature. Plus de repères sécurisants issus du système universitaire traditionnel mais une nouvelle expérience qui m’attend. Apprendre différemment. Mais apprendre. Encore et toujours. Selon ses envies. Selon ses domaines de prédilection.
Je réalise peu à peu que des portes se referment. Je ne pourrais plus me présenter aux concours de plaidoiries désormais. Je suis trop “vieille” pour cela. Je ne m’assiérai plus sur les bancs inconfortables des amphithéâtres de facultés pour assister aux cours magistraux.
Mais j’espère passer de l’autre côté du bureau l’année prochaine. Assurer une charge de Travaux Dirigés. Transmettre un savoir. Partager ma passion des Droits de l’Homme. Mettre mon expérience à profit.
J’espère être à la hauteur. J’espère donner le meilleur de moi-même. J’espère ne pas décevoir.
Faire du mieux que je peux. Ne pas avoir de regrets. Telles sont les lignes directrices que j’entends suivre dans la rédaction de mon mémoire et la poursuite de ma carrière “universitaire”.
Juin 2009. C’est l’ultime échéance. Après cela, je ne serais plus vraiment étudiante. Alors essayons d’en profiter au maximum !
Surprise !
1 mars 2009
Classé sous Droit, névrose étudiante, vie étudiante, étudiante
Mots-clefs: Blague de juristes
Je dis toujours :
Un arrêt de la Cour européenne des Droits de l’Homme, c’est un peu comme un Kinder surprise…
Il est bien emballé, bien empaqueté mais…
On ne sait jamais à quoi s’attendre…
J’aime / J’aime pas
19 février 2009
Classé sous Droit, actualités
Mots-clefs: appréciation personnelle, Politique
Suite à l‘injonction sous astreinte de Romain, je remplis mon obligation morale de répondre à la chaîne de convictions politiques lancée par Romain Blachier.
Et je dois avouer que je me prête avec plaisir à ce petit exercice. En effet, je dois avouer que la Politique et moi entretenons des rapports conflictuels.
Tantôt je l’aime. Tantôt je la déteste. Mais elle ne me laisse jamais indifférente…
J’espère que Romain ne m’en voudra pas trop (et ne me demandera pas de droits d’auteur…), je vais reprendre le même schéma dichotomique : J’aime/J’aime pas. Parce que je le trouve simple mais efficace.
Et comme je suis d’un tempérament pessimiste, je commencerais par les aspects négatifs !
J’aime pas :
- Les surnoms donnés aux hommes politiques. Que ce soit “Chichi” pour Jacques Chirac, “Sarko” pour Nicolas Sarkozy ou encore “Giscard” pour Valéry Giscard D’Estaing, j’estime que l’on doit nommer nos hommes politiques d’une manière appropriée. Personnellement, je n’aimerais pas que l’on m’appelle “Mimi” pour Mista !
- Le principe de parité en politique. L’égalité hommes/femmes ne signifie pas pour autant qu’il soit nécessaire d’imposer un seuil numérique de Femmes en politique. Remplir des quotas ne nous donnera pas plus de légitimité et peut même entraîner un effet pervers : celui de ne pas reconnaître la juste valeur des femmes, et la pertinence de leurs approches et de leurs idées, car on aura attribué à une femme politique sa place, non pas pour ce qu’elle peut faire pour son pays, mais parce qu’il faut satisfaire des exigences numériques. Le “bouche-trou”, non merci !
- Le cumul des mandats. On ne peut bien faire que ce que l’on maîtrise bien. Comment assumer un mandat de maire, et être ainsi proche de ses concitoyens et à leur écoute, tout en assurant un mandat de député, représentant du peuple, amené à examiner de nombreux projets et propositions de lois, participer à des commissions,… ? L’un des deux mandats sera nécessairement sacrifié au profit de l’autre…
- Je n’aime pas l’inflation législative, et les lois mal faites. Parce que “Nul n’est censé ignorer la loi“, encore faut-il que le commun des mortels puisse la comprendre… et savoir ce qu’il encourt en cas de transgression…
- Je n’aime pas l’incompétence négative. Le domaine règlementaire n’a pas à empiéter sur le domaine législatif et vice-versa.
- Je n’aime pas le formatage systématique de nos hommes politiques. Tous de l’ENA. Tous ambitieux. Tous plein de morgue.
-Je n’aime pas les manigances politiques. “Je te donne un privilège de juridiction et en échange, je reste à ma place” (décision du 22 janvier 1999, CC)
J’aime :
- J’aime l’idée que la Politique est le meilleur moyen pour faire changer les choses. Pour avancer. Pour faire valoir ses idées. Pour agir.
- J’aime les Droits de l’Homme. (
)
- J’aime l’exception d’inconstitutionnalité parce que tout ce qui peut développer les droits fondamentaux est bon à prendre.
- J’aime le dialogue des juges. (spéciale dédicace) J’aime que les juges français soient de plus en plus réceptifs aux exigences européennes.
- J’aime les engagements internationaux français (CEDH, UE, ONU,…)
- J’aime l’image de la France à l’étranger.
- J’aime la dualité juridictionnelle française. Oui, j’aime l’ordre juridictionnel administratif. Oui, j’aime l’ordre juridictionnel judiciaire. Parce que le contentieux administratif obéit à des règles procédurales très particulières, la dualité s’impose. Elle est nécessaire. Elle est le gage d’une bonne administration de la Justice.
- J’aime la richesse de l’Histoire constitutionnelle française. Parce qu’un pays qui a une histoire aussi profonde et intense que la nôtre, ne peut que tirer les leçons des erreurs du passé, et les mettre à profit pour les évènements à venir.
Il faudra sûrement prendre en compte mon jeune âge, ma légendaire intransigeance et mon manque de clairvoyance dans la rédaction de cet exercice. Je ne prétends pas avoir raison. Ce sont mes opinions. Elles évolueront peut-être, surement, avec le temps. Je manque probablement d’objectivité, de maturité, de réflexion. J’en ai conscience. J’accepte la critique. Toute forme de critique. Brute. Sans précautions. A la seule condition qu’elle soit constructive…
“Le juriste et le temps” : essai
29 janvier 2009
Classé sous névrose étudiante, vie étudiante, étudiante
Mots-clefs: Manaquieries étudiantes, Petites manies de juristes
Par définition, un juriste est toujours pressé. Enlevez-lui sa montre et il perd l’un de ses plus puissants attributs.
Le juriste a un rapport très particulier avec le temps. Soit qu’il le trouve trop court lorsqu’il a une masse conséquente de travail à abattre, soit qu’il le trouve trop long quand l’objet juridique qui lui est soumis ne le passionne pas.
Souvent houleuses, parfois douloureuses, mais toujours passionnées, ses relations avec le temps apparaissent complexes.
Et souvent, il lui arrive de repenser au bon vieux temps, lorsqu’il n’était pas étudiant… Là au moins, il pouvait se payer du bon temps !
La gestion du temps par un juriste s’avère fréquemment catastrophique. Un juriste aime planifier, organiser, prévoir, anticiper mais au final, le juriste ne tient jamais ses engagements. Soit qu’il s’est sur-estimé, pensant abattre plus de travail que ce qui a été effectivement réalisé, soit qu’il ait changé ses projets, privilégiant un domaine d’études plutôt qu’un autre. Sa situation n’est alors pas très enviable car il doit tout boucler dans les temps.
Le juriste est l’instrument d’une valse à trois temps : métro, boulot, dodo. Sa vie ne connaît pas de temps mort.
Il arrive parfois que le juriste fantasme sur ses rapports avec le temps, souhaitant les voir s’améliorer, se pacifier. Dans les cas les plus critiques, le juriste aimerait disposer d’une journée de 48h au lieu d’une journée de 24h. Parfois même, il aimerait faire plusieurs choses en même temps.
Souvent en retard, parfois à l’heure, mais jamais en avance, le juriste temps-te tente de dominer le temps mais n’y parvient malheureusement pas. Ce constat est valable depuis la nuit des temps.
Pourtemps Pourtant, le juriste n’aime pas qu’on lui fasse perdre son temps. Normal puisqu’il estime déjà ne pas en avoir assez. Et puis c’est bien connu, “le temps c’est de l’argent”.
Chez certains sujets, on constate des TAnT (Troubles Anormaux du Temps). Ces TAnT se manifestent le plus souvent par un manque de sommeil récurrent, des repas pris sur le pouce, des pauses café raccourcies,…
Enfin, on constate que le juriste a souvent de grandes ambitions : être en avance sur son temps, marquer son temps,…
En attendant, je vous remercie d’avoir pris le temps de lire cet essai sur les juristes et le temps.
Il est maintenant temps pour moi de vous quitter en concluant, sans temps mort :
“Autant en emporte le temps“…
Bonne année 2009 à tous mes lecteurs, passés, présents et à venir !
2 janvier 2009
Classé sous actualités, vie étudiante, étudiante
Mots-clefs: bonnes résolutions, voeux du nouvel an
Chers lecteurs,
Je sacrifie à la tradition en vous présentant mes plus sincères vœux pour cette nouvelle année qui commence.
2009. L’année de tous les défis.
Dans le rétroviseur de 2008, il y a tant de choses : du bon et du mauvais. Les années 2007 et 2008 m’ont rudement mises à l’épreuve. 2009 risque d’être de la même veine…
Tant de choses à faire, tant de choses à voir. J’ai parfois la sensation de ne pas avoir assez d’une vie pour entreprendre tout ce que j’ai envie d’entreprendre. Pas assez d’une vie pour accomplir tout ce qui me reste à accomplir. Pas assez d’une vie pour rattraper tout que j’ai raté. Alors une année m’apparaît comme une échéance bien courte et difficile à mener… !
Curieuse, boulimique de savoir, touche-à-tout, autodidacte, il m’arrive souvent d’avoir l’impression d’avoir des rêves trop grands pour moi, des ambitions trop éloignées de la réalité, des espoirs vains et inassouvibles.
Mais souvent aussi, je réalise que ce sont ces mêmes rêves, “trop grands pour moi”, qui me poussent toujours plus en avant, qui m’obligent à me poser les bonnes questions, et à savoir où je vais.
Je dois confesser à mes lecteurs que je manque cruellement de confiance en moi et que je suis, trop souvent, très exigeante envers moi-même. Un perfectionnisme qui frôle parfois l’absurde car à vouloir trop bien faire, il m’arrive fréquemment d’oublier où sont mes priorités.
J’espère donc qu’en 2009, je serais plus indulgente avec moi-même, et que je m’accorderai le droit à l’erreur. J’espère que je saurais faire preuve de pragmatisme et de magnanimité si, d’aventure, je ne parvenais pas à atteindre mes objectifs car, au fond, j’aurais tout donné pour les atteindre. En définitive ne dit-on pas : “L’essentiel, c’est de participer” ?
Au final, ce qui importe, ce n’est pas de parvenir au but recherché mais les moyens que nous avons investi, les sacrifices que nous avons concédé, pour l’atteindre.
Des sacrifices, j’en ai beaucoup concédé. Certains ont fini par payer, d’autres, en revanche, ont été infructueux.
Faire des choix, c’est ce qu’il y a de plus dur au monde. Car après le choix proprement dit, il faut en assumer les conséquences. Il me reste encore beaucoup de choix à faire en 2009. Certains choix en étonneront plus d’un. Il me faudra renoncer à certaines choses ; dire bonjour à de nouvelles.
2009 sera décidément l’année de tous les changements. Ce sera ma dernière année en tant qu’étudiante. La dernière année de plein de choses en réalité mais ma légendaire timidité m’empêche de vous en dire davantage.
Il ne me reste donc plus qu’à vous souhaiter, encore et toujours, une excellente année 2009. J’espère qu’elle sera, pour vous, aussi prometteuse qu’elle veut bien nous l’annoncer.