“Le juriste et le temps” : essai

Par définition, un juriste est toujours pressé. Enlevez-lui sa montre et il perd l’un de ses plus puissants attributs.

Le juriste a un rapport très particulier avec le temps. Soit qu’il le trouve trop court lorsqu’il a une masse conséquente de travail à abattre, soit qu’il le trouve trop long quand l’objet juridique qui lui est soumis ne le passionne pas.

Souvent houleuses, parfois douloureuses, mais toujours passionnées, ses relations avec le temps apparaissent complexes.

Et souvent, il lui arrive de repenser au bon vieux temps, lorsqu’il n’était pas étudiant… Là au moins, il pouvait se payer du bon temps !

La gestion du temps par un juriste s’avère fréquemment catastrophique. Un juriste aime planifier, organiser, prévoir, anticiper mais au final, le juriste ne tient jamais ses engagements. Soit qu’il s’est sur-estimé, pensant abattre plus de travail que ce qui a été effectivement réalisé, soit qu’il ait changé ses projets, privilégiant un domaine d’études plutôt qu’un autre. Sa situation n’est alors pas très enviable car il doit tout boucler dans les temps.

Le juriste est l’instrument d’une valse à trois temps : métro, boulot, dodo. Sa vie ne connaît pas de temps mort.

Il arrive parfois que le juriste fantasme sur ses rapports avec le temps, souhaitant les voir s’améliorer, se pacifier. Dans les cas les plus critiques, le juriste aimerait disposer d’une journée de 48h au lieu d’une journée de 24h. Parfois même, il aimerait faire plusieurs choses en même temps.

Souvent en retard, parfois à l’heure, mais jamais en avance, le juriste temps-te tente de dominer le temps mais n’y parvient malheureusement pas. Ce constat est valable depuis la nuit des temps.

Pourtemps Pourtant, le juriste n’aime pas qu’on lui fasse perdre son temps. Normal puisqu’il estime déjà ne pas en avoir assez. Et puis c’est bien connu, “le temps c’est de l’argent”.

Chez certains sujets, on constate des TAnT (Troubles Anormaux du Temps). Ces TAnT se manifestent le plus souvent par un manque de sommeil récurrent, des repas pris sur le pouce, des pauses café raccourcies,…

Enfin, on constate que le juriste a souvent de grandes ambitions : être en avance sur son temps, marquer son temps,…

En attendant, je vous remercie d’avoir pris le temps de lire cet essai sur les juristes et le temps.

Il est maintenant temps pour moi de vous quitter en concluant, sans temps mort :

“Autant en emporte le temps“…

One Response to “ “Le juriste et le temps” : essai ”

  1. Damien

    Temps de tant pour temps de choses à faire et pourtemps, il nous faudrait temps de tant en sus afin de temps-dre vers une harmonie la plus charnelle avec le tant.

    ps: si cela me définit bien “Dans les cas les plus critiques, le juriste aimerait disposer d’une journée de 48h au lieu d’une journée de 24h. Parfois même, il aimerait faire plusieurs choses en même temps.”, en revanche cela “Souvent en retard, parfois à l’heure, mais jamais en avance”…. Toujours en avance est mon credo et je n’en démordrai pas :)

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