J’aime / J’aime pas
19 février 2009
Classé sous Droit, actualités
Mots-clefs: appréciation personnelle, Politique
Suite à l‘injonction sous astreinte de Romain, je remplis mon obligation morale de répondre à la chaîne de convictions politiques lancée par Romain Blachier.
Et je dois avouer que je me prête avec plaisir à ce petit exercice. En effet, je dois avouer que la Politique et moi entretenons des rapports conflictuels.
Tantôt je l’aime. Tantôt je la déteste. Mais elle ne me laisse jamais indifférente…
J’espère que Romain ne m’en voudra pas trop (et ne me demandera pas de droits d’auteur…), je vais reprendre le même schéma dichotomique : J’aime/J’aime pas. Parce que je le trouve simple mais efficace.
Et comme je suis d’un tempérament pessimiste, je commencerais par les aspects négatifs !
J’aime pas :
- Les surnoms donnés aux hommes politiques. Que ce soit “Chichi” pour Jacques Chirac, “Sarko” pour Nicolas Sarkozy ou encore “Giscard” pour Valéry Giscard D’Estaing, j’estime que l’on doit nommer nos hommes politiques d’une manière appropriée. Personnellement, je n’aimerais pas que l’on m’appelle “Mimi” pour Mista !
- Le principe de parité en politique. L’égalité hommes/femmes ne signifie pas pour autant qu’il soit nécessaire d’imposer un seuil numérique de Femmes en politique. Remplir des quotas ne nous donnera pas plus de légitimité et peut même entraîner un effet pervers : celui de ne pas reconnaître la juste valeur des femmes, et la pertinence de leurs approches et de leurs idées, car on aura attribué à une femme politique sa place, non pas pour ce qu’elle peut faire pour son pays, mais parce qu’il faut satisfaire des exigences numériques. Le “bouche-trou”, non merci !
- Le cumul des mandats. On ne peut bien faire que ce que l’on maîtrise bien. Comment assumer un mandat de maire, et être ainsi proche de ses concitoyens et à leur écoute, tout en assurant un mandat de député, représentant du peuple, amené à examiner de nombreux projets et propositions de lois, participer à des commissions,… ? L’un des deux mandats sera nécessairement sacrifié au profit de l’autre…
- Je n’aime pas l’inflation législative, et les lois mal faites. Parce que “Nul n’est censé ignorer la loi“, encore faut-il que le commun des mortels puisse la comprendre… et savoir ce qu’il encourt en cas de transgression…
- Je n’aime pas l’incompétence négative. Le domaine règlementaire n’a pas à empiéter sur le domaine législatif et vice-versa.
- Je n’aime pas le formatage systématique de nos hommes politiques. Tous de l’ENA. Tous ambitieux. Tous plein de morgue.
-Je n’aime pas les manigances politiques. “Je te donne un privilège de juridiction et en échange, je reste à ma place” (décision du 22 janvier 1999, CC)
J’aime :
- J’aime l’idée que la Politique est le meilleur moyen pour faire changer les choses. Pour avancer. Pour faire valoir ses idées. Pour agir.
- J’aime les Droits de l’Homme. (
)
- J’aime l’exception d’inconstitutionnalité parce que tout ce qui peut développer les droits fondamentaux est bon à prendre.
- J’aime le dialogue des juges. (spéciale dédicace) J’aime que les juges français soient de plus en plus réceptifs aux exigences européennes.
- J’aime les engagements internationaux français (CEDH, UE, ONU,…)
- J’aime l’image de la France à l’étranger.
- J’aime la dualité juridictionnelle française. Oui, j’aime l’ordre juridictionnel administratif. Oui, j’aime l’ordre juridictionnel judiciaire. Parce que le contentieux administratif obéit à des règles procédurales très particulières, la dualité s’impose. Elle est nécessaire. Elle est le gage d’une bonne administration de la Justice.
- J’aime la richesse de l’Histoire constitutionnelle française. Parce qu’un pays qui a une histoire aussi profonde et intense que la nôtre, ne peut que tirer les leçons des erreurs du passé, et les mettre à profit pour les évènements à venir.
Il faudra sûrement prendre en compte mon jeune âge, ma légendaire intransigeance et mon manque de clairvoyance dans la rédaction de cet exercice. Je ne prétends pas avoir raison. Ce sont mes opinions. Elles évolueront peut-être, surement, avec le temps. Je manque probablement d’objectivité, de maturité, de réflexion. J’en ai conscience. J’accepte la critique. Toute forme de critique. Brute. Sans précautions. A la seule condition qu’elle soit constructive…
Joli portrait que je commenterai plus tard
Bon, je crois qu’il est temps de liquider l’astreinte
Merci d’abord d’avoir déféré à cette demande, bien indiscrète. On ne se demande pas, à lire tes réponses, ce que tu fais dans la vie: juriste, publiciste tendance droit-de-l’hommiste – les meilleurs
Avec cet exercice, ce qui est rigolo, c’est de voir ce qu’est la politique pour les personnes qui répondent. Par exemple, tu parles beaucoup de l’aspect institutionnel, de la morale politique, mais peu de la question sociale ou de l’Europe. Je ne dis pas que c’est bien ou mal: cela reflète, je pense, ce qui est le coeur de la politique pour toi.
Bravo, exercice particulièrement réussi !
@ Somni : Tout simplement merci !
@ Romain : En effet, j’ai voulu me concentrer sur les “bases”. Sans de saines bases en politique, on ne peut traiter efficacement des problèmes de fond, des vrais problèmes de société.
Surement mon côté juriste (la forme/le fond) qui ressort par les pores de mon clavier…
Et puis bon, pour la morale politique, j’avoue… La dualité morale/Droit me passionne. J’en ai fait un mémoire de M1 : sur la morale humanitaire (au passage je l’ai ajouté à la catégorie “travaux de recherche” cette semaine) et je continue en M2 sur “Les valeurs morales dans la jurisprudence de la CEDH”,…
Si c’est pas un domaine de prédilection !
Aaaaaaaaaaaaaaaaah quelle histoire morale/politique
Il y aurait de quoi en dire!!! Peut-être pour cela que je penche plutôt vers l’administration que vers la politique pour l’instant hihi!
Et Mista, je vois très bien ce que tu veux dire sur le côté juriste qui transpire dans tes notes…
On ne se refait pas lol.